L’Harmonie ne naît pas du silence… une prise de parole personnelle ne peut en aucun cas briser un collectif
- Sophie BRIAND

- 3 juin 2025
- 2 min de lecture
la santé du groupe ne va pas bien quand l’individu est brimé dans son expression. C’est faux !
Il y a une confusion tenace, presque culturelle.
On la retrouve partout : dans les entreprises, dans les familles, dans les collectifs citoyens, dans les relations intimes.
Cette idée que l’harmonie serait le fruit du silence. De l’ajustement. Du “faire avec”.
Qu’exprimer ce que l’on pense ou ressent risquerait de rompre l’équilibre, de déranger la paix.
Alors on se tait. On arrondit les angles. On se conforme.
Mais c’est un leurre.
Et c’est surtout une source d’épuisement profond.
✧ Ce n’est pas l’expression de soi qui abîme les collectifs.
C’est le mutisme intérieur.
C’est tout ce qu’on ravale. Ce qu’on garde pour soi.
Ce qu’on tait par peur de déranger, de ne pas être compris, de passer pour celle ou celui qui complique tout.
C’est cette autocensure, souvent inconsciente, qui fragilise les liens.
Parce qu’à force de ne plus oser dire, on ne sait plus être là. Présent·e. Vraiment.
Et peu à peu, c’est la vie du collectif qui s’endort.
Les élans s’éteignent. Les tensions s’accumulent. Les silences deviennent lourds.
L’harmonie véritable est vivante, pas lisse.
Elle ne se construit pas contre les individualités,
mais grâce à elles, lorsqu’elles s’expriment avec justesse, dans le respect des autres et d’elles-mêmes.
Cela demande du courage.
Cela demande de l’écoute.
Cela demande de sortir du mode automatique.
Mais c’est cela, la bascule.
Dans mon métier de coach, de formatrice et de facilitatrice, c’est ce que je défends chaque jour :
Que chacun puisse se dire.
Que les relations ne soient plus un champ de bataille intérieur.
Que les organisations osent accueillir l’humain dans sa parole, sa vérité, sa complexité.
Je crois profondément que la parole est un acte de contribution.
Pas une prise de pouvoir.
Pas une opposition.
Un acte de présence au monde.
Et si vous commenciez là ?
À écouter cette voix intérieure qui murmure.
À reconnaître ce que vous ne dites plus.
À reconsidérer le silence, non comme une solution, mais comme un signal.
Parce que c’est aussi ça, une zone de bascule :
Un endroit où l’on choisit enfin de se dire.
Et vous, à quand remonte la dernière fois où vous vous êtes exprimé·e sans masque ?


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